Mercredi 29 août 2007
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Qu'on aurait aussi pu appeler "ConfuZions 2", vu qu'y a des gens qui veulent faire passer des gabians pour des hérons.
Le Haut Conseil à l'Education vient de publier un rapport sur l'école. Il y proclame que la maternelle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire". Il
souligne également que "la question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut être éludée"
Lorsqu'un rapport public paraît, il fait souvent autorité. D'où lui vient cette autorité, qui conduit par exemple à ce que Le Monde ou Libération relaient largement les avis du rapport en
question ? On s'attendrait à ce qu'elle repose sur des analyses aussi rigoureuses que possible, et sur un certain nombre de données fiables, ou du moins contrôlables. En fait, on s'aperçoit
souvent que l'autorité des rapports publics ne leur vient que du caractère prestigieux que l'on veut bien accorder a priori à son titre - un "rapport public au gouvernement" - et aux intitulés de
ses rédacteurs - ici, un "Haut" Conseil.
Bref, le risque est grand de confondre la justesse d'un rapport avec son importance politique - publier à quelques jours de la rentrée scolaire, on ne doute pas que ce rapport s'inscrit dans une
stratégie de communication qui portera à conséquence.
Un économiste et sociologue qui travaille sur l'école, Eric Maurin, commente le rapport sur
France
Culture :
"
Je vais essayer d'être modéré dans ma réaction au rapport du Haut Conseil. Je sais pas très bien sur quoi se base le rapport pour dire ça [que la scolarité maternelle ne compense pas les
disparités sociales]. Parce qu'on sait assez peu de choses sur la maternelle aujourd'hui.
Les principaux travaux qui existent sur la maternelle sont des travaux qui portent sur l'accueil des enfants à deux ans [...]. Donc ce qu'on sait aujourd'hui, de manière relativement robuste à
mon sens, c'est qu'être accuilli à deux ans dans des classes pas vraiment spécifiques pour des enfants de cet âge n'est ni positif ni mauvais pour la suite de leur carrière scolaire.
Donc on peut lire le résultat de deux manières. On peut dire : "bon ben ça sert à rien puisque ça n'améliore pas le destin scolaire de ceux qui en bénéficient". On peut lire le résultat d'un
autre manière. On peut dire : "une maîtresse à qui on donne 30 élèves de moins de deux ans fait aussi bien que 30 familles à qui on aurait laissé pendant cette année-là leurs enfants."
Donc du point de vue social, c'est pas du tout évident pour moi que le fait que ça n'handicape ni ne bénéficie à ces 30 enfants soit un diagonistic aussi noir que ça. Ca c'est le domaine sur
lequel on a le plus de résultats.
Pour ce qui est des années à proprement parlé de maternelle, celles pour lesquelles il y a un programme, celles vraiment pour lesquelles 95% des élèves suivent le cursus, c'est-à-dire petite
section, moyenne section, grande section, à ma connaissance, nos savoirs sont très lacunaires sur le domaine. [...] On sait peu de choses, et le peu de choses qu'on sait sur ces années de
maternelle ne permet pas de tirer à boulets rouges sur l'institution."
Quelques réactions éclairantes autour du rapport sur le blog de
Maybe Elle
Par Primath
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Publié dans : bazarouzarde
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